Une supersport 600 qui décoiffe !
La marque aux trois diapasons frappe fort, sa nouvelle 600 supersport est une
véritable réussite, tant au nouveau esthétique , qu’au niveau technique. L’évolution de cette machine par rapport au modèle précédent est fabuleux, il n’y a vraiment rien à redire au travail
accompli par les ingénieurs. Le mimétisme avec sa grandeur sœur est certes bien présent, mais la R6 garde sa propre identité. Tout droite sortie du motoGP elle en jette un maximum, avec son petit échappement sortant sous le pied droit du pilote, d’un bras oscillant
type banane caissonné et d’une grosse prise d’air forcé entre les deux phares en amende type R1. YAMAHA a utilisé les dernières avancées technologiques encore inédites sur des machines de supersport : un
système électronique de contrôle de l'ouverture des gaz (YCC-T) qui convertit le mouvement mécanique de la poignée de gaz en signal électrique. Je ne suis pas sûr d'avoir déjà roulé sur une moto avec une admission aussi douce et sans surprise. Impossible de prendre la poignée fly-by-wire en défaut.
Le moteur tout comme la transmission finale ne ratent pas un coup de piston, en douceur. Même en sixième et à faible allure on obtient rien d'autre qu'une réponse en douceur du moteur.
A partir de 6,000 tours, on attaque la courbe de couple, et les injecteurs secondaires entrent en jeu pour de bon. La valve à l'échappement EXUP ne s'ouvre que quand le moteur le réclame sur les
dernières générations. Il est impossible de changer la cartographie sur le modèle standard.
Si vous voulez modifier les courbes de puissance et de couple, il va falloir sortir le porte-feuille pour acheter un Kit racing. En cas de panne de l'YCC-T, le système va doucement couper les
gaz. Il y a également un lien mécanique pour bypasser l'YCC-T.
Vous pouvez débrayer et utiliser le petit bouton magique ou simplement démarrer la moto avec la clef. Mais ce n'est pas tout, la géométrie particulière du châssis de la R6 2006 qui aligne le té supérieur avec
les axes de bras oscillant et de roue arrière pour un contrôle optimum et des changements de cap instantanés. Un embrayage anti-dribble, une course moteur plus courte et des injecteurs double
rendent cette R6 encore plus facile à maîtriser.
Avec un moteur très pointu et donc relativement creux sous les 10 000tmin la nouvelle R6 n’est pas une machine de ville, qui plus est avec un châssis excessivement rigide et une position très en appuie sur les avants bras. Elle vous fatiguera très rapidement et paraîtra assez ennuyeuse. Par contre sortit du cycle urbain et à l’approche d’enchaînements de virages elle vous procurera du plaisir.
Il faudra cependant vous rendre sur circuit pour en connaître toute la quintessence.
Après un petit réglage de la pression des pneumatiques, pour le circuit, elle vous démontrera son potentiel, car il s’agit véritablement d’une machine de course , sans aucun compromis. On regrettera néanmoins l’absence d’un amortisseur de direction.
En conclusion la nouvelle R6 de Yamaha est une petite hyper-sportive bien réussie et réservée aux circuits pour ceux qui savent la dompter.
Daniel San Bartolomé